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CHARLES BOURSEUL

Inspecteur du télégraphe de Paris, fils d’un officier de l’état-major français, l’ingénieur Charles Bourseul entra dans l’histoire comme quelqu’un qui élabora les bases théoriques de la communication téléphonique. Il était sûr que, quelque soit le cours de l’histoire ultérieure, les gens allaient communiquer à l’aide du courant électrique passant par des fils.

Bourseul conçut l’idée du téléphone en 1849, onze ans avant l’invention d’Antonio Meucci, douze ans avant les expériences de Johann Philipp Reis et vingt-sept ans avant l’avis de brevet d’Alexander Bell. C’est donc celui qui ne peut aucunement être soupçonné de plagiat. D’après une version, c’est aussi lui qui utilisa le mot téléphone pour la première fois.

En 1854, cinq ans après le début de ses recherches, au cours desquelles il conduisit plusieurs expériences avec « une source du courant, une botte de fil et des plaques métalliques », Bourseul publia une thèse. Dans son travail il décrivit pour la première fois le principe du fonctionnement du téléphone, fondé sur l’idée de la transformation de vibrations sonores en courant électrique avant la transmission et une transformation inverse après sa fin. Bourseul proposa de transformer le son en oscillations de courant électrique avec l’aide d’un disque métallique qui fermerait les contactes sous l’impulse des ondes sonores de manière analogique au manipulateur câble-code qui ferme les contactes du télégraphe.

Le schéma proposé par l’ingénieur français était neuf du point de vue conceptuel. Au schéma d’avant (ondes sonores – transmission – ondes sonores) il substitua le sien (ondes sonores – transformation en courant électrique – transmission du courant – transformation du courant en ondes).

L’idée était géniale mais elle ne fut pas réalisée. Peut-être parce que l’approche était trop «télégraphique».

Les contemporains du théoricien ne manquèrent pas d’utiliser une idée tellement géniale et commencèrent de créer les téléphones. Quant à Charles Bourseul, il continua à travailler comme inspecteur du télégraphe à Paris, sans autre récompense pour son grand œuvre intellectuel qu’une brève mention dans les livres de référence.